Le langage de l’oppression et de la résistance dans Mutilée de Khady Koita : une approche de la linguistique féministe

    Abstract: Cette étude a examiné comment le langage était utilisé dans le roman en étude pour construire et combattre l’oppression patriarcale, en accordant une attention particulière aux mutilations génitales féminines et aux violences fondées sur le genre. L’étude répondait au problème du silence et de la marginalisation persistants des femmes dans les représentations littéraires des pratiques culturelles. Elle a relevé une lacune dans les travaux existants, qui n’avaient pas suffisamment exploré comment les stratégies linguistiques évaluatives, émotives et narratives fonctionnaient dans Mutilée pour construire à la fois l’oppression et la résistance au sein du discours linguistique féministe. L’étude s’est appuyée sur l’analyse critique féministe du discours et sur la théorie féministe poststructuraliste, en s’inspirant de chercheurs tels que Butler (1990) et Lazar (2005). Une méthodologie d’analyse textuelle qualitative a été employée, à partir d’extraits choisis du roman. Cette approche a permis un examen approfondi des choix lexicaux, des actes de langage, de la voix narrative et des stratégies rhétoriques par lesquels les significations féministes étaient construites et négociées. Les résultats ont révélé que le langage de la protagoniste jouait un rôle central dans la résistance à la domination patriarcale. Par le refus, la protestation, l’affirmation et la narration testimoniale, elle transformait des expériences de souffrance en actes de résistance. Le langage évaluatif et émotif exposait la brutalité des traditions oppressives, tandis que le discours assertif permettait la réappropriation de la voix, de l’identité et de l’autonomie corporelle. Le langage fonctionnait donc à la fois comme un lieu d’oppression et comme un outil de libération. L’étude a conclu que le discours linguistique féministe dans Mutilée revêtait une valeur idéologique significative pour exposer et contester les systèmes patriarcaux. Elle a recommandé de poursuivre les recherches sur le discours féministe dans la littérature africaine et son intégration dans des programmes sensibles au genre. L’étude a contribué à la théorie linguistique féministe en démontrant comment le langage construit à la fois l’oppression et la résistance dans les textes littéraires.

    Mots-clés: Agentivité féminine, Discours féministe, Mutilée, patriarcat, résistance, stratégies linguistiques

    DOI: 10.36349/atij.2026.v02i01.011

    author/Josephine Egbe, AWANBOR & Temidayo, ONOJOBI

    journal/Al-Takamul IJ 2(1) | July 2026 |

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